Les Chroniques de VJC

1er avril 1937 naissaient les troupes aéroportées françaises !

Ce sont les Soviétiques qui les premiers mettent sur pied, dès 1931, un détachement aéroporté motorisé expérimental.En 1935, l'armée de l'air envoie en URSS. Une mission d'étude. Ses observateurs ont été vivement impressionnés par les manœuvres aéroportées russes à Kiev où l'on vit pour la première fois au monde la mise à terre par parachute de 1050 hommes et le poser d'assaut de 1700 autres avec canons et véhicules. Le 12 septembre 1935, un arrêté signé par le général Denain, Ministre de l'Air, créer un centre d'instruction parachutiste. Implanté à Avignon-Pujaut, il est commandé par le capitaine Geille qui, en compagnie du capitaine Durieux, vient d'effectuer un stage en URSS et d'être breveté moniteur parachutiste à Tuchino. La création des Troupes Aéroportées Francaises date du ler Avril 1937 et fut définie par I'instruction Ministérielle N° 2200/1/0/EMAA du 20octobre 1936.

Le 1 octobre 1937 Deux groupes sont mis sur pied. Ce sont les premières unités parachutistes françaises: le 60le à Reims et le 602e à Baraki (Algérie). Chaque groupe est organisé en :
- un état-major,
- une escadrille destinée à la mise en place sur les objectifs, ¨
- une compagnie d'infanterie de l'air : 8 officiers, 25 sous-officiers et 174 hommes formant 2 sections de fusiliers voltigeurs et 1 section d'appui avec canons de 37 mm et mitrailleuses.Leur mission est ainsi définie. " Destinés à transporter par avion et à débarquer par parachutes en territoire ennemi des détachements d'infanterie "

Les hommes sont envoyés en stage au 95e R.I et au 4e Zouave où leur travail consiste en :
- mise au point de la doctrine d'emploi,
- instruction de la troupe et perfectionnement des cadres,
- expérimentation et mise au point des matériels spécialisés,
- faire admettre les idées parachutistes.
La doctrine et l'enseignement sont russes, inspirées des grandes manoeuvres de Kiev en 1935. L'instruction est révolutionnaire pour l'époque, entraînement physique poussé, développement de l'esprit d'agressivité, et de l'esprit d'initiative.

Les cadres du 60le effectuent au cours de manoeuvres dans la région d'Avignon, la prise d'un pont sur la Durance. En septembre de la même année, un détachement du 60le saute en commandé à 1.000 mètres sous une pluie battante et s'empare du P.C. d'une Division par surprise, alors que ce P.C. a changé trois fois d'emplacement en 24 heures ! Le 602e, lui, participe à des manœuvres d'ensemble de l'Armée d'Afrique et bouscule les théories en place. Pourtant, les parachutistes, arme trop Moderne, ne s'imposent que très lentement et leur efficacité et leurs possibilités ne semblent pas attirer toute la bienveillance souhaitée.Le 26 août 1938, le brevet de parachutiste de l'Infanterie de l'Air est crée.

En 1939, les, problèmes de largage des matériels sont résolus par l'emploi de gaines étudiées et réalisées par l'Armée de l'Air. Ces matériels présentés à l'Armée Britannique feront grande impression et équiperont les S.A.S. Les hommes sautent avec les armes légères ou individuelles (Mas 36, Mousquetons, F.M. 24x29), l'armement collectif (canons de 37 et mitrailleuses) est largué en fardeaux dans des gaines collectives.

La guerre éclate. Des deux groupes on forme une seule Unité de Marche aux ordres du Lieutenant Glaizot. Elle est organisée en deux sections qui formeront 4 groupes francs, à la disposition de la 28e Division Alpine. L'unité s'implante dans les Vosges et opère dans le no man's land entre les lignes adverses depuis Lambach et Obersteinbach. Mai 1940, l'offensive allemande se déclenche.. L'infanterie de l'Air reçoit successivement deux missions, entraîner les nouvelles recrues et assurer la garde du P.C. du général commandant l'Armée de l'Air, d'une part et organiser la défense de plusieurs villages sur la Loire d'autre part.

Le 23 juin 1940, ils embarquent à Marseille pour l'Algérie. En mer, ils apprennent l'Armistice et en débarquant à Oran, ils doivent rendre leurs armes et munitions.Les deux groupes stationnent à Maison carrée et sont dissous le 27 juillet 1940, puisque non prévus par les clauses de l'Armistice.Mais ce n'est qu'une pause de courte durée, en effet les Français réfugiés à Londres sont décidés à poursuivre le combat.

Le 29 septembre 1940 est créée à Londres, après approbation du projet par le Général de Gaulle, la 1ère CIA.En octobre 1941 la 1ère CIA devient la 1ère CCP. Début 1942, les parachutistes Français de Grande Bretagne arrivent au moyen-orient pour être intégrés dans les SAS en qualité de French Squadron, cette unité ne comprend alors qu'une trentaine d'hommes coiffés du béret amarante qui a pour devise "Who dares wins" (Qui ose, gagne). Durant toute cette année, ils vont se couvrir de gloire en accomplissant des raids audacieux dans les sables du désert. C'est là aussi que tombera le 27 juillet 1942 le premier officier français parachutiste : l'Aspirant ZIRNHELD, non sans avoir laissé un magnifique témoignage de foi, la célèbre "prière du parachutiste". En 1942 naît la 2e CCP.

Fin janvier 1943, la 1ère CCP qui quitte l'Algérie pour Fez au Maroc est bientôt réorganisée en un bataillon à quatre compagnies qui prend le nom de 1er BCP. Il est équipé de parachutes américains et saute de Potez 540, mais dès avril, l'Air borne Training Center envoie un Dakota. Le 1er mai 1943, le Bataillon compte 700 brevetés. La période pauvre du bataillon se poursuit, car si les parachutes sont neufs, l'armement laisse à désirer et le parc automobile est bien mince. Les volontaires continuent d'affluer. Il faut penser à créer un 2è Bataillon et par conséquent le 1er RCP est créé le 1er mai 1943.

L'entraînement au combat occupe le principal de l'emploi du temps des Chasseurs Parachutistes
A la fin de l'été, les premières dotations US parviennent au Régiment dont les véhicules vont très vite devenir célèbres : Jeeps, 4x4 Dodges, GMC, motos Harley Davidson. Les uniformes surprennent par leur modernisme. Le paquetage est très complet et prévoit toutes les situations et tous les climats.
Début 1944 en Grande-Bretagne est créé le 2e RCP

Les 2è et 3è RCP sont intégrés dans la Special Air Service brigade. Depuis 1944 une lutte est engagée entre les états-majors des armées de l'Air et de Terre au sujet du rattachement des unités parachutistes. Après bien des réticences, l'état-major général Air estime que les formations aéroportées et parachutées doivent relever du département de la Guerre à tous égards.

Le 10 juillet 1945, le Comité de Défense Nationale décide que toutes les unités de parachutistes doivent être rattachées à l'Armée de Terre. Les arguments en faveur de l'armée de terre sont :
• la majorité du personnel provient de l'Armée de Terre
• l'entraînement est celui du fantassin d'élite
• l'instruction au parachutisme est de courte durée
• les parachutistes alliés dépendent de l'Armée de Terre
Cependant, et à titre exceptionnel, le 1er RCP, fidèle à ses origines, conservera sur ses épaulettes les « charognards d'or », ainsi que l'insigne de l'ancien 601è GIA.

Publié le 01/04/2017

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