Les Chroniques de VJC

26 sep 1845, terme de la bataille de sidi brahim...!

La bataille de Sidi-Brahim s'est déroulée du 23 au 26 septembre 1845 entre les troupes françaises et Abd El Kader. Elle dura 3 jours et 3 nuits. Les Français, commandés par le lieutenant-Colonel Montagnac, avaient engagé à la légère le 8e bataillon de chasseurs à pied et le deuxième escadron du 2e régiment de hussards contre les troupes de Abd El-Kader. Imprévue, la rencontre tourna mal pour les troupes françaises. Après un premier combat, elles furent réduites de 450 à 80 chasseurs et hussards face à 10.000 combattants de l’émir. Acculés, les chasseurs de la compagnie de carabiniers se réfugièrent dans un marabout d'où ils repoussèrent tous les assauts.

Après plusieurs jours de siège, les hommes, sans eau, sans vivres, à court de munitions, en furent réduits à couper leurs balles en morceaux pour continuer à tirer. L'émir Abd El Kader fit couper la tête du capitaine Dutertre, fait prisonnier et amené devant le marabout pour exiger la reddition des chasseurs. Malgré tout, Dutertre, avait eu le temps d'exhorter les survivants à se battre jusqu'à la mort. Lorsque l'émir demanda au clairon français, Guillaume Rolland, de sonner la retraite, celui-ci n'en fit rien et sonna la charge. Lors d'une de ces demandes de reddition, un chasseur répondit « merde » à l'émir. Les survivants, n'ayant plus de munitions, chargèrent à la baïonnette. Ils percèrent les lignes ennemies et, sur les 80 survivants, 14 purent rejoindre les lignes françaises. Le caïd de Nedroma, Nekkach, recueillit une partie au moins des survivants et refusa d'ouvrir les portes de sa ville aux troupes de l’émir.

Abd el-Kader fit alors venir le seul prisonnier français qu'il n'avait pas fait décapiter : le clairon Rolland, du 8e Chasseurs d'Orléans. "Tes camarades doivent se rendre, sonne-leur la retraite". Pâle, le chasseur prit son clairon et, de toutes ses forces, il sonna la charge. Ce cri rauque, grèle, précipité qu'est la charge ranima la poignée d'hommes. Leur chef, le capitaine de Géreaux, s'écria : "La charge, c'est notre dernière chance, foncez dans le tas à la baïonnette"

Alors on vit 80 hommes attaquer 3 000 cavaliers. La surprise fut telle chez les Arabes qu'il y eut un moment d'indécision qui permit à Géreaux et à ses hommes de progresser rapidement en direction du poste de Djemma-Ghazouat, qui se trouvait à une dizaine de kilomètres de là. Le terrain étant encombré de morts, les chasseurs ramassaient vivement les gibernes et besaces qui contenaient des balles. Réarmés, ils ouvrirent à nouveau le feu.

Mais, l'ennemi s'étant ressaisi, le petit carré fut bientôt enveloppé par une masse de cavaliers et de fantassins qui, sabre au clair, trouèrent le premier rang des chasseurs d'Orléans. Le capitaine de Géreaux eut le crâne brisé d'un coup de matraque au moment même où son adjoint, le lieutenant Chappedelaine, succombait à ses côtés. De 80, les hommes n'étaient plus qu'une trentaine lorsqu'ils se regroupèrent pour charger une dernière fois. Il ne restait plus qu'un seul gradé, le caporal Lavaissière, qui prit le commandement. Au moment où ils abordaient la masse furieuse des ennemis, Lavaissière cria à l'interprète Lévi "Mourir pour mourir, autant les injurier, dis-leur m... de ma part en arabe" Mais Lévi fut tué ainsi que son voisin, le docteur Rosaguette.

Finalement, quatorze survivants se frayèrent un chemin et, se traînant, perdant leur sang, ils parvinrent les uns après les autres, à rejoindre la troupe qui, quittant le poste de Djemma-Ghazouat, était venue à leur rencontre. Les noms de ces hommes sont entrés dans notre histoire militaire. Ils s'appelaient Davanne, Natalie, Léger, Lapparat, Michel, Sier, Blanc, Antoine, Armand, Dellieu, Rapin, Langlais et Raymond. Le dernier était le caporal Lavaissière. Et quand le commandant du poste, le lieutenant-colonel Quilico, du 44e Régiment de Ligne, demanda cette poignée de fantômes "Qui êtes-vous ? " "Nous sommes ceux de Sidi-Brahim, répondirent-ils."

Sidi-Brahim, ce nom, fut bientôt connu de toute la France. On apprenait qu'une poignée d'hommes avait résisté trois jours et deux nuits à plusieurs milliers d'assaillants et que, plutôt que de se rendre, elle avait préféré mourir. Une nouvelle page de l'histoire militaire vient d'être écrite par ces héros. Sidi-Brahim, ce nom est devenu le titre d'une marche militaire, la marche des chasseurs à pied, successeurs des chasseurs d'Orléans.

Publié le 26/09/2017

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