Les Chroniques de VJC

4 avril 1949...Fondation de l'OTAN !

Le 4 avril 1949, les ministres des Affaires étrangères de douze pays d’Europe et d’Amérique du Nord sont réunis à Washington. Ils signent le Pacte atlantique qui crée l’Organisation de l’Atlantique Nord. Chaque pays s’engage à se porter secours les uns aux autres en cas d’agression armée. Le Traité de l’Atlantique Nord ou Traité de Washington compte 14 articles. Le libellé est élaboré avec soin, après avoir fait l’objet de plusieurs mois de discussions et de négociations. Le document est très concis. Il crée l’OTAN et permet à chaque allié de collaborer à l’alliance à la mesure de ses capacités.

L'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) est née après la Seconde guerre mondiale. L'idée fondatrice était d'éviter de revoir des conflits particulièrement meurtriers qui occasionnaient beaucoup de souffrances pour les peuples en conflit. Si, en Occident, on était d'accord sur la conception, la naissance fut un peu plus douloureuse. La volonté de contrer les visées du "Pacte de Varsovie", une organisation équivalente constituée autour de l'URSS, imposa des adhésions. Peu à peu, l'OTAN est devenue une organisation aussi bien politique que militaire. Elle compte aujourd'hui 28 pays membres.
 
Même si les relations entre Paris et Washington ne sont pas mauvaises en permanence durant ces années-là, la décision de De Gaulle va s’appliquer inexorablement. En 1959, le processus commence par le retrait de la flotte française de Méditerranée du commandement intégré de l’OTAN ; il se poursuit par le retrait des mêmes forces de l’Atlantique nord en 1963. Après sa réélection lors des élections présidentielles de décembre 1965, le général de Gaulle fait prévoir, lors de sa conférence de presse du 21 février 1966, sa prochaine décision, qu’il explicite peu après dans une lettre manuscrite adressée au président Johnson, le 7 mars 1966 : « La France se propose de recouvrir sur son territoire l’entier exercice de sa souveraineté ..., de cesser sa participation aux commandements intégrés et de ne plus mettre ses forces à la disposition de l’OTAN ». La décision de 1966 marque la conclusion logique de tous ces désaccords : elle se traduit par le retrait simultané de France du commandement supérieur des forces alliées en Europe (SHAPE) et du commandement Centre-Europe, ainsi que le transfert hors de France de leur siège.
 
Les Alliés de l’OTAN réaffirment le 18 mars 1966 leur foi en une stratégie commune et en l’intégration. La France reste membre non seulement de l’Alliance atlantique proprement dite mais de l’OTAN. Elle n’est sortie que de la structure militaire intégrée de l’Organisation. Reste à régler la question de la coopération des forces françaises avec celles de l’OTAN , en particulier sur le théâtre centre-européen, c’est chose faite en août 1967 par les accords Ailleret-Lemnitzer, qui prévoient la coopération militaire française avec des forces de l’OTAN strictement sous ordre du gouvernement, non automatique, agissant sous commandement national. Si de Gaulle n’a pas réussi à transformer l’OTAN, qui sort même renforcée de la crise, le retrait de la France est devenu un véritable marqueur de la politique étrangère de la France, au point que les velléités des successeurs de De Gaulle d’un retour dans l’OTAN ont toutes été freinées...
 
Devant le risque d'une dissolution de l'alliance et de la perte de leur rôle de «gendarme du monde», les États-Unis tentent depuis 1991 de réorienter l'OTAN vers des missions élargies, au grand dam des alliés européens. C'est ainsi que les dirigeants américains ont stigmatisé la menace islamiste dès les années 1990. L'attaque terroriste du 11 septembre 2001 a semblé justifier cet élargissement du champ de l'OTAN, laquelle est intervenue en Afghanistan comme le bras armé de l'ONU. Malgré le danger, il est notable que la soumission à l’OTAN et aux Etats-Unis est pourtant à l’ordre du jour au niveau de l’Union Européenne également. Bien que six pays de l’UE ne fassent pas partie de l’Otan ( Autriche, Chypre, Finlande, Irlande, Malte et Suède), le Traité de Lisbonne, prévoit, comme ceux qui l’ont précédé, une référence explicite à l’OTAN.
 
Le retour dans le commandement militaire intégré de l’OTAN a été annoncé le 11 mars 2009 par le Président de la République Nicolas Sarkozy, à l’Ecole Militaire et entériné par le sommet de l’OTAN de Strasbourg un mois plus tard...Peut-être pas ce que l'on est fait de mieux de retourner dans son commandement intégré, on a vu ce que cela a donné au point de vue de la Syrie dernièrement...Felix qui potuit rerum cognoscere causas !
 
Moscou met régulièrement en garde contre le « stationnement permanent » de forces de combat alliées substantielles à sa frontière, qu'elle considère comme contraire à l'Acte fondateur Otan-Russie, signé en 1997. La menace terroriste n'a toutefois rien de comparable à la menace soviétique d'antan et l'apaisement très sensible des relations internationales dans la première décennie du XXIe siècle reposera très vite la question du maintien de l'OTAN...ou pas !

Publié le 04/04/2017

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