Les Chroniques de VJC

5 décembre...in mémoriam de la guerre d'Algérie...1954-1962 !

Le 1er novembre 1954, l’éclatement du MTLD est à la naissance du FLN et l’aveuglement, la désinvolture des autorités gouvernementales à Paris, cela sans oublier le rôle influent de Nasser ou les calculs politiciens de Charles de Gaulle. Quelques mois plus tôt, en Indochine, les Français ont été défaits par le vietminh...Les indépendantistes algériens y voient un encouragement à se lancer à leur tour dans la lutte armée contre la puissance coloniale.

Le brigadier-chef Eugène Cohet et le soldat Pierre Audat sont tués en pleine nuit dans le poste de Batna, dans le massif des Aurès. Ce sont les premières victimes de la guerre d'Algérie. Parmi les autres victimes figurent le caïd Hadj Sadok et Guy Monnerot, qui voyageaient ensemble. La mort de ce dernier émeut plus particulièrement l'opinion. Ce jeune instituteur est venu de la métropole avec son épouse pour instruire les enfants du bled. Leur autocar est attaqué dans les gorges de Tighanimine. Ils sont extraits du véhicule ainsi que les autres passagers et touchés par une rafale de mitrailleuse destinée au caïd Hadj Sadok.Guy Monnerot succombe sur le champ mais sa femme Jeanine survivra à ses blessures.
 
Le ministre de l'Intérieur, François mitterrand , promet de mettre tout en oeuvre pour arrêter les «hors la loi». Avec emphase, il déclare le 12 novembre 1954 : «Des Flandres au Congo, il y a la loi, une seule nation, un seul Parlement. C'est la Constitution et c'est notre volonté».(on pourrai rajouter LOL maintenant). En définitive, les attentats de la «Toussaint rouge» ont très peu de retentissement dans l'opinion française et la presse métropolitaine en fait à peine écho. Ils n'en marquent pas moins le début de la guerre d'Algérie, huit années de tourments qui ont marqué durablement les esprits et les coeurs des deux côtés de la Méditerranée..Le Front de Libération Nationale est créé au Caire, peu après la «Toussaint rouge», par Ahmed Ben Bella, un indépendantiste en rupture avec le MTLD de Messali Hadj, qu'il juge trop modéré ( ne pas confondre avec le FNL vietnamien, créé en 1960, ndvjc ).
 
En Algérie même, le FLN évite les batailles rangées et s'en tient à des massacres de civils, essentiellement des notables musulmans favorables à la France. Ces derniers sont torturés, mutilés et assassinés avec un raffinement de cruauté. Dans le courant de l'année 1956, le gouvernement de Front républicain du socialiste Guy Mollet intensifie les actions militaires en Algérie. Il envoie sur place non plus seulement des engagés (militaires professionnels), comme en Indochine, mais aussi des conscrits et même des réservistes. Le service militaire est porté à trente mois et les effectifs engagés dans ce que l'on appelle pudiquement les «opérations de maintien de l'ordre» ou «de pacification» ne tardent pas à atteindre 400.000 hommes...La guerre d'Algérie dura de 1954 à 1962.
 
À Oran, le 5 juillet 1962, une manifestation dégénère et se transforme en pogrom. Des centaines d'Européens, deux mille, disent les organisations de rapatriés, sont massacrés, enlevés. Un million de pieds-noirs, accablés de chagrin, quitteront à jamais l'Algérie. Quelques milliers de harkis aussi. Les autres, des dizaines de milliers, finiront horriblement martyrisés. "Vae victis" (malheur aux vaincus) : le vieil adage romain s'applique inexorablement à la tragédie algérienne. Les pieds-noirs étaient, après tout, aussi nombreux (et même un peu plus) que les Palestiniens qui, en 1948, furent chassés de leurs terres lors de la création d'Israël. D'où vient que les premiers sont recouverts du linceul de l'oubli alors que les seconds occupent régulièrement la une de l'actualité ? Beaucoup de pieds-noirs étaient en Algérie depuis trois, voire quatre générations. Combien de temps faut-il pour être véritablement "chez soi" ?
 
L'histoire est hémiplégique, elle ne retient souvent qu'un côté des choses. Or la guerre d'Algérie ne peut être réduite à une vision simpliste ou caricaturale. Oui, la torture a existé. Oui, les méthodes de l'armée françaises ont été parfois très brutales. Oui, il y avait dans l'Algérie française des injustices criantes, des vexations humiliantes, une administration aveugle, des égoïsmes forcenés. Oui, les Algériens aspiraient à la souveraineté mais, à l'instar de Ferhat Abbas, ils ont longtemps hésité entre le combat pour l'intégration et celui pour l'indépendance. Oui, l'OAS a commis des crimes.
 
Tout cela ne transforme pas les combattants du FLN en douces colombes. Le FLN a imposé sa loi par la persuasion, mais aussi par la terreur, liquidant systématiquement ceux qui n'étaient pas dans la ligne, notamment les partisans de Messali Hadj. Il a pratiqué un terrorisme aveugle. Il a mis en place le système totalitaire qui allait enserrer l'Algérie indépendante dans un carcan sclérosant. Il a, plus tard, instauré une police de la mémoire collective au profit d'une caste prédatrice, toujours au pouvoir aujourd'hui...Gloria victis ( gloire aux vaincus ) !

 

Publié le 05/12/2017

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