Les Chroniques de VJC

7 avril 1945...SAS français Opération Amherst aux Pays Bas !

L’opération Amherst désigne une opération exécutée par 700 Special Air Service, dont les régiments 3 et 4 servis par des membres des FFL, avec pour objectif de capturer intacts des canaux néerlandais, ponts et aérodromes durant la Seconde Guerre mondiale. Elle fut planifiée par le brigadier britannique Mike Calvert. Dans la nuit du 7 avril 1945, les SAS sont parachutés. Les Français du capitaine Pierre Sicaud (blessé à l'œil après avoir atterri dans un pin) sont parachutés dans la province de Drenthe où ils occupent plusieurs ponts et mènent des embuscades contre les troupes allemandes en retraite.

La fin du Reich approche à grand pas, mais après les revers essuyé par l'opération Market Garden, le nord des Pays-Bas est toujours sous le joug des nazis...Le 2ème Corps avance peu à peu dans cette zone fort dangereuse où stationne encore bon nombre d'unités de chocs, mais la résistance allemande cause beaucoup de pertes en hommes et matériel...Après plusieurs idées pour en finir, une fut retenue : une nouvelle opération aéroportée dans le ciel de a Hollande. Pour se faire on fit appel au 2ème et 3ème SAS français (à peu près 700 hommes). Leur objectif : le coeur même de la province du Drenthe.

Dans la nuit du 7 au 8 avril, quelques centaines de berets rouges tombèrent alors du ciel pour livérer le pays des tulipes, mais les largages se passèrent plus mal que prévu une nouvelle fois...Eparpillé hors des DZ à cause des vents forts, les sticks se retrouvent dispersé et dépourvu de logistique. Leurs jeeps légendaires ne furent pas larguée pour cette même raison...Témoignage : Nous étions habitués à être largués très bas, environ 200 mètres, afin dans la nuit d'être moins dispersés en arrivant au sol et donc de nous retrouver plus vite. Pourquoi n'avons-nous pas été informés d'un changement ? La dispersion inattendue, à l'arrivée, fut telle que, le reste de la nuit, passé en recherches épuisantes, ne permit pas, la plupart du temps, d'être au complet au lever du jour. À quinze, avec un espacement de 100 à 200 mètres entre chacun à l'arrivée au sol, il arriva que les extrêmes furent séparés par plusieurs kilomètres, parfois même de part et d'autre d'un bois ou d'une rivière.

Face à ses revers les SAS œuvreront en petits groupes, en guérilla ou en embuscade ils parviendront à déstabiliser la puissance allemande, à la désorienter et à tenir en attendant le deuxième Corps. Initialement, les blindés auraient dû les rejoindre en 48h... Mais comme pour une autre et certaine opération en Hollande, certains SAS tinrent 14 jours sans voir le moindre renfort. Ils réussirent malgré tout à tenir grâce aux ravitaillements aériens et au soutien des populations locales. 14 jours plus tard l'heure était au bilan : 33 morts, une quarantaine de blessés et 67 prisonniers...Témoignage : Les tirs venant de trois côtés, en provenance de mitrailleuses et d'armes plus légères, auxquelles il est inutile de répondre, s'arrêtent subitement. Peu après, une voix amplifiée par un haut-parleur dans un français très compréhensible nous fait une proposition : " Nous savons que vous êtes Français. Vous êtes encerclés, rendez-vous, vous aurez la vie sauve. " À partir de là, il n'y avait pas grand choix tactique. Les Allemands tirent beaucoup, mais en aveugle. Là où nous sommes, nous risquons peu. Ils ne pourront pas rentrer parce qu'avec notre puissance de feu concentrée sur la porte, personne ne passera. La nuit venue, le rapport de forces sera modifié et nous sortirons. On a le temps de faire des plans. Le silence dura encore quelques minutes avant d'être brusquement déchiré par un feu d'enfer bien plus dense que le premier, sans doute pour intimider.

Ce fut l'une de nos dernières manifestations. Progressivement le feu adverse diminua. Le nôtre avait cessé depuis un bon moment, nos dernières balles tirées, lorsque, au-dessus de la fosse, surgirent une demi-douzaine de braillards agitant leurs armes. Deux hommes étaient passés à travers toutes ces fusillades sans une égratignure. Ils furent chargés de tirer les blessés principaux jusqu'à la clôture de barbelés entourant le domaine. Ceux qui pouvaient marcher les rejoignirent ensuite, accompagnés des vociférations d'un feldwebel que notre ami Coulon, la gorge ouverte, ne risquait pas de nous traduire. Ce gradé énervé vint alors placer à une dizaine de mètres une mitrailleuse tout en continuant à nous insulter, mais aussi, ce qui était plus inquiétant, à manier la culasse de son arme avec des mimiques qui paraissaient très significatives.

Sept des nôtres étaient allongés, les six autres alignés dos aux barbelés, lorsque arriva sans se presser un officier décoré de la croix de fer qui, en passant près de l'excité menaçant, ne parut pas lui lancer un regard très amène. " Qui commande ? ", demanda-t-il." Moi, maintenant que le lieutenant Rouan est mourant ", répondit Caïtu qui reconnut la voix de celui qui avait fait les sommations. " Pourquoi ne vous êtes-vous pas rendus ? " " Nous n'étions pas venus ici pour ça ", répondit Caïtu. L'officier allemand resta un moment silencieux, pensif, promenant son regard sur chacun, couchés ou debout. Brusquement, il fit demi-tour, en trois enjambées, il rejoignit le feldwebel qu'il apostropha avec une hauteur de verbe très germanique (dommage que Coulon n'ait pu traduire !) et, pour finir, flanqua un coup de pied dans la mitrailleuse, sans doute pour mieux marquer sa réprobation à celui qui avait eu des intentions sûrement moins amicales à notre égard...En dépit d'erreurs de largage, des jeeps initialement prévues non larguées, les objectifs furent atteints, souvent avec l'aide de la courageuse résistance Hollandaise.

Le 4ème SAS, depuis son intervention dans les Ardennes au moment de l’offensive von Rundstedt, avait pour chef le commandant Puech Samson, Compagnon de la Libération, qui, dès le mois de juillet 1940, peu après avoir rejoint le général de Gaulle, était envoyé par lui au Maroc pour y créer des réseaux gaullistes. Formidable combattant, il jouissait, depuis la bataille de Saint-Marcel en Bretagne en juin 1944, d’un immense prestige. La mission assignée aux deux régiments portait le nom de code " Amherst " et coïncidait avec ce qu’ils savaient le mieux faire. Les sticks disséminés dans la province du Drenthe, en dehors de quelques objectifs précis à détruire ou conserver selon le cas, devront semer la plus grande confusion sur les arrières ennemis en les désorganisant et en y créant un maximum d’insécurité. L’opération ne durerait environ que trois ou quatre jours, le temps pour les blindés canadiens, bloqués par une résistance acharnée à Coeverden, de percer enfin et de déboucher dans la zone.

Les deux régiments français (3ème et 4ème SAS) en réalité à effectif de bataillon, regroupés au camp secret, faisaient partie avec les deux régiments britanniques (le 1er et le 2ème SAS) de la brigade SAS dont le commandement venait d’être donné au général Calvert, surnommé Mike le Fou depuis les incroyables missions qu’il avait menées en Birmanie sur les arrières des Japs. ( photo : © Collection privée - Famille Papazow Jean-Alain Papazow, aux commandes de sa Jeep SAS (le chauffeur) durant l’opération AMHERST en avril 1945, dans la région Hollandaise de Drenthe, pour ouvrir la voie aux armées canadiennes.)

SAS : ce nom et ce style marquera définitivement l'engagement de ces parachutistes français qui osèrent ( Qui Ose Gagne, devise du 1er RPIMa, ndvjc ) à un contre cent se battre contre la tyrannie des forces obscures de l'axe en Crête, en Libye, en Tunisie, en France, dans les Ardennes belges, et en Hollande, illustrant avec audace leur devise : " Who Dares Wins ". En novembre 1944, en récompense de leur héroïsme après tant de durs combats contre la barbarie, les SAS français se voient remettre le béret amarante et leur fanion reçoit la croix de l'Ordre de la Libération des mains du grand maître de l'ordre lui-même, le général de Gaulle. Cette croix, symbole d'honneur et de liberté, orne aujourd'hui le drapeau du 1er RPIMa...Aujourd'hui, pour la France, comme leurs Anciens avant eux, les SAS du 1er RPIMa ont repris le combat contre le nouvelle oppresseur. Avec humilité et discrétion mais avec la même détermination que celle de leurs pères qui rendirent à la France sa liberté et son honneur par le poignard et par la poudre, ils affrontent encore et toujours la barbarie. Honneurs a tous ces héros discrets, d'hier et d'aujourd'hui, que notre société se rappelle qu'une petite partie de sa population prend tous les risques pour assurer la sécurité du plus grand nombre et qu'ils aient toujours la force et la foi de se battre jusqu'a la mort s'il le fallait, pour que vive la France éternelle.

Publié le 07/04/2017

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