Les Chroniques de VJC

8 avril 1915, dans le secteur du Bois Brûlé, un cri...Debout les morts !

A côté de la route d’Apremont à Saint-Mihiel, il y avait une redoute faite de bois et de terre. C’était un ouvrage d’infanterie pour se défendre. La route d’Apremont permettait aux Allemands d’apporter de la nourriture et du matériel à Saint-Mihiel. Depuis la redoute, les Français pouvaient tirer sur les convois allemands. Les Allemands ont décidé de prendre la redoute aux Français pour être en sécurité sur la route.

Dans le Bois Brûlé, les combats étaient très violents en raison des bombardements et des corps à corps. A la fin du mois de décembre 1914, les Allemands ont réussi à prendre la redoute. Les Allemands et les Français se sont battus pendant trois mois pour avancer de 300 mètres. Ils ont perdu de 7000 à 8000 morts chacun. A partir de la mi-1915, les combats ont été moins durs et les soldats ont pu creuser des tranchées plus confortables.
 
Début avril 1915, sur ordre du généralissime Joseph Joffre, les troupes françaises tentent de reprendre aux Allemands le saillant de Saint-Mihiel, sur la Meuse. Dans le secteur du Bois Brûlé, le 95e Régiment d'Infanterie, chargé d'une manoeuvre de diversion, réussit à s'emparer d'une tranchée. Pendant qu'on la réaménage, les troupes d'assaut se retirent dans un boyau voisin pour prendre du repos.
 
Le 8 avril 1915, l’adjudant Péricard, essayait de se reposer dans sa tranchée. On est venu le chercher car les Allemands attaquaient. Avec quelques volontaires, il a contre-attaqué. Il a réussi à reprendre une tranchée mais les Allemands ont continué à se battre férocement. La tranchée était pleine de morts et de blessés. Alors, l’adjudant Péricard a dit: “Debout les morts!” Bien sûr les morts ne se sont pas levés mais les blessés ont repris confiance et se sont défendus. A la fin du combat, il ne restait plus que deux survivants français.
 
Le cri " Debout les morts " (expression couramment employée avant 1914 pour réveiller les soldats dans les casernes, ndvjc) connaît rapidement un élan patriotique abondamment relayé dans la presse et érigé au rang d'épopée. Pour sa bravoure au Bois-Brûlé les 7 et 8 avril 1915, il est nommé sous-lieutenant le 24 mai et est cité à l’ordre du 8ème Corps d’Armée. Promu lieutenant le 3 octobre de la même année, il est évacué pour maladie quelques jours plus tard.
 
Ce dernier finira la guerre comme lieutenant. Il proposera en 1921 de ranimer chaque jour la flamme du Soldat inconnu, sous l'Arc de triomphe et, sous l'Occupation, dirigera la Légion française des combattants fondée par le maréchal Pétain. L'un de ses huit enfants est Michel Péricard, réalisateur d'une émission célèbre des années 1960 : La France défigurée. Il fut également maire de Saint-Germain-en-Laye et président de l'Assemblée nationale.Ces mots sont restés si célèbres qu'ils sont depuis la devise du 3ème Régiment d'Infanterie de Marine.

Publié le 08/04/2017

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